Interview Dans Starkult (le 15/01/2006 à 07h32):
Est-ce que vous vous remettez du succès de votre dernier album Americana Idiot?
B.J.A. : C'est plutôt des échecs dont on a du mal à se remettre!(rires)
Vous connaissez beaucoup "d'idiots américains"?
B.J.A. : Il suffit de regarder la carte des dernières élections américaines et tu verras où ils se trouvent.
M.D. : On n'en compte aucun chez nos fans, là est l'important.
B.J.A. : Ils n'ont pas le droit d'entrer à nos concerts de toutes façon!(rires)
Avant, Billie Joe, tu étais blond, tu as repris ta couleur naturelle pour ne pas passer pour un idiot?
B.J.A. : Tu veux dire que les blonds sont stupides?
M.D. : Je suis blond, je dois le prendre comme une attaque personnelle?
C'est bien connu! (rires)
B.J.A. : Heureusement que tu plaisantes!(rires) En fait j'avais envie de changer de tête, je n'aime pas trop être toujours le même.
M.D. : Moi j'aime bien!
Au fait c'est moi qui aie volé les bandes des chansons que vous aviez enregistrées avant Americana Idiot...
B.J.A. : Alors c'est toi qu'on doit remercier pour le succès?(rires)
M.D. : J'espère que tu les as détruites!
Pour un groupe punk, vous êtes plutôt calmes...
M.D. : On fume beaucoup, si tu vois ce que je veux dire...
B.J.A. : Si tu veux on peut se lever et foutre le bordel, mais tu ne finiras jamais cette interview!
M.D. : Tu as bien fait de dire que c'était une interview stupide, sinon je serais déjà parti!
B.J.A. : Tu plaisantes, c'est la meilleure interview de la journée!
A quoi ressemble Jesus Of Suburbia?
B.J.A. : A beaucoup trop d'américains. T'imagines un type de banlieue qui se fait chier dans sa zone avec un travail routinier, une télé allumée toute la journée et qui, pour tenir le coup, se gave d'antidépresseurs. Il voit la vie en rose pendant quelques heures et finalement ne règle jamais ses problèmes. Tout ça ne mène à rien et il ne se rebelle même plus.
On est pas loin du film de zombies!
B.J.A. : D'une certaine manière, la vie de beaucoup de gens peut ressembler à celle de zombies. La routine détruit ta capacité de réflexion si tu te laisse aller. Comment peut-tu être heureux si tu ne penses même plus?
Comment fais-tu pour ne pas tomber là-dedans?
B.J.A. : Dans la musique, le danger ce n'est pas la routine, c'est plutôt les excès. Tu peux rapidement tomber dans l'alcool, la drogue et le sexe facile. Après c'est à toi de voir ce que tu veux. Pour ma part je me suis un peu calmé côté came et alcool, quant au sexe j'ai une femme depuis 10 ans qui me comble. Je passe aussi beaucoup de temps avec mes enfants, ça remet les pieds sur terre.
Dernière question, quelle est la dernière connerie que vous ayez faites?
B.J.A. : T'accorder une interview!(rires)
M.D. : Je suis d'accord!(rires)
B.J.A. : Je déconne, c'était super, très punk!
Interview Dans One (Juin):
Quand tu t'es lancé dans l'écriture d' « American Idiot » avais tu vraiment le sentiment que le public allait accrocher?
B.J.A. : Quand j'ai commencé à écrire les chansons de cet album, le moment était un peu particulier. On venait de se faire voler toutes les bandes d'un album sur lequel on avait travaillé pendant un an, et tout ce que je voulais c'était repartir à zéro. C'est pourquoi je me suis lancé dans ce concept d'opéra punk. Mais, franchement au départ, j'étais persuadé que tout le monde allait se foutre de notre gueule. Et finalement, sans doute parce que nos fans ont adhéré au message véhiculé par les chansons, l'album cartonne dans le monde entier. Je n'en reviens toujours pas !
A propos de cette histoire de vol, ça à quand même dû vous mettre un sacré coup au moral de perdre tout une année de travail...
B.J.A. : Dans les jours qui ont suivi le vol, je dois avouer que j'étais complètement déprimé. Je me demandais qui pouvait bien être l'enfoiré qui avait volé nos bandes, et surtout pour qu'elle raison il l'avait fait. Je n'arrêtait pas de tourner en rond et ressasser des idées noires. J'étais au plus mal. Du coup, comme je voulais pas imposer un tel spectacle à ma famille, j'ai décidé de quitter Oakland pour aller vivre quelques semaines à New York, le temps d'oublier un peu tout ça. Une fois là-bas, j'ai passer environ un mois à me saouler à la vodka. J'étais en pleine remise en questions sur moi, l'avenir du groupe, mais aussi, la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Finalement, j'ai compris que la meilleure chose à faire était de me remettre au travail en changeant complètement le concept de l'album. C'est ainsi qu'est né « American Idiot ».
Grâce à cet album, votre image a complètement changé auprès des médias. Vous êtes passés du statut de petits punks débiles à celui de groupe engagé. Cette nouvelle image te satisfait?
B.J.A. : Je peux difficilement m'en plaindre, car avec un album qui parle autant de politique, on a ce qu'on mérite. Cela dit, je crois que c'est une évolution naturelle. Quand notre premier album est sorti, on avait 23 ans. Tout ce qui nous intéressait, c'était fumer de l'herbe, de parler de sexe et de foutre le bordel. Aujourd'hui, on a dix de plus, et, heureusement, on a un peu évolué. Mais cela ne veut pas dire qu'on est devenu des vieux cons! On a juste grandi, et on est finalement très fiers que notre musique continue à plaire aux plus jeunes.
Tu es marié avec ta femme Adrienne depuis plus de 10 ans. Cela fait probablement de toi l'un des rockers le plus stables de la planète en matière de relation amoureuses...
B.J.A. : Vous savez j'ai rencontré Adrienne quand Green Day commençait tout juste à être connu et, au fil des années, elle est restée l'une de nos plus fidèle supportrices, sans jamais tomber dans la caricature de la fan amoureuse. J'aime sa façon d'analyser notre musique, de l'écouter, et surtout de la ressentir. Elle fonctionne comme moi, et, quand elle ne sent pas un nouveau morceau, j'essaye toujours de l'améliorer pour qu'il lui plaise. De plus, elle est la mère de mes enfants, ce qui représente énormément pour moi.
Tu as néanmoins déclaré que l'enregistrement de « American Idiot » avait bien failli détruire ton mariage. Que s'est-il passé?
B.J.A. : Histoire de rompre avec nos habitudes, nous avons décidé de quitter le studio de Oakland pour aller enregistrer à Los Angeles. Or, cette ville est définitivement une ville de fous dans laquelle il est très facile de mal tourner. Il y a tout ce cotés paillettes qui est à la fois dégoûtant et très attirant, mais il y a aussi ce culte de la chirurgie esthétique, de l'apparence. Les gens qui vivent là-bas sont tous très speed et il y a évidemment beaucoup de drogues qui circulent. Du coup, la tentation est grande, et j'ai failli me faire avoir. Certains soirs j'appelais ma femme et elle me reconnaissait à peine au téléphone. Elle avait l'impression de parler à quelqu'un d'autre. Heureusement, j'ai fini par me ressaisir et, une fois l'album terminé, nous nous sommes retrouvés comme au premier jour.
Quel genre de père de famille es-tu?
B.J.A. : Je crois que je suis un père tout à fait ordinaire. En tout cas, le quotidien ne me fait pas peur et j'aime faire des choses ordinaires avec ma famille. Dans la vie, outre la musique, mes activités favorites consistent à faire du catch avec mes enfants et à faire l'amour avec ma femme. Vous voyez, rien d'extraordinaire...
Dix ans après Dookie, Green Day est revenu au premier plan avec un septième disque ambitieux. Un opéra rock des temps modernes. Uppercut à Bush et au rêve américain. Billie Joe Armstrong & Co ont mûrirent. Fan de Peter Townshend et Ringo Starr, le batteur Frank Edwin Wright III, alias Tre Cool, fait le point.
American Idiot, c'est aussi « une question de relations humaines. On est toujours amis. On est reparti pour dix ans », confie Tre Cool.
D'où est venue l'idée un peu folle d'un concept album ?
T.C. : Nous étions en studio en train d'enregistrer des démos, d'écrire de nouvelles chansons. On essayait de se mettre en danger, de jouer sur la créativité et de prendre notre pied. On a fini par écrire des morceaux de 30 secondes, chacun à notre tour, jusqu'au moment où nous avons obtenu une bonne dizaine de minutes. On s'est dit : essayons de le faire sérieusement et sur tout un album.
Une question d'ambition ?
T.C. : En partie oui. Tout au long de notre carrière, nous avons fait de notre mieux. Nous étions néanmoins fatigués qu'on nous considère comme les parrains de Sum 41 et Good Charlotte. Nous voulions nous affranchir, entamer un nouveau chapitre de notre histoire. Plutôt style Rolling Stones. L'histoire d'un groupe qui garde le cap, traverse les années et continue à enchaîner les albums. Sans toutefois se reposer sur des gimmicks.
Avant que vous vienne l'idée d'«American Idiot», vous vous êtes fait piquer les master tapes de ce qu'aurait dû devenir votre nouvel album. Est-ce que, finalement, cette mésaventure n'a pas accéléré votre démarche ?
T.C. : Beaucoup de gens passaient par le studio, et notre travail s'est volatilisé. On n'aurait peut-être jamais publié ces morceaux. Je n'en sais rien. Mais le fait qu'on les dérobe nous a sans doute mis au pied du mur. On en serait tout de même, à mon avis, arrivé tôt ou tard à enregistrer « American Idiot ».
Un mot de son écriture ?
T.C. : Elle a nécessité beaucoup de discussion. Sur l'histoire, la direction musicale. On s'est même demandé si on n'allait pas sortir un double album. Billie a écrit les chansons, on les a jouées puis enregistrées. Un titre de 9 minutes, c'est un challenge. Compliqué, et par ailleurs, très exigeant physiquement. Surtout pour un batteur...
Un résumé de l'intrigue ?
T.C. : Jesus of Suburbia vit dans un petit village américain pourri. Il est dégoûté par ce qui l'entoure et s'exile en ville. Il se fait des amis, prend du bon temps et tombe sur St. Jimmy. Lui, c'est plutôt la mauvaise conscience, la sale influence. Un mec cool, mais qui n'a jamais un bon plan. Jesus rencontre une fille qui le rend heureux, mais son pote continue de le faire glisser dangereusement sur la mauvaise pente.
Derrière ce conte, vous taillez un costard à la politique US ?
T.C. : Le background, c'est l'Amérique contemporaine et sa politique dégueulasse, éc½urante. Nous sommes opposés à la guerre. Rien ne peut la justifier, et certainement pas le pétrole. Toute cette croisade n'a aucun sens. La vie aux Etats-Unis dépend de ce que tu en fais et d'où tu la mènes. On habite à Oakland, Californie du Nord. Une cité très urbaine avec, comme toute grande ville, ses crimes, ses ghettos. C'est plutôt gangster et graffitis que petites maisons rangées.
Vous y allez assez sec dans vos textes. Vous parlez même de pulvériser la tour Eiffel...
T.C. : Bush a eu quelques tensions politiques avec la France et les Français. Il a même appelé au boycott de leurs produits. Bref, il a essayé de détruire leur culture et leur mode de vie aux States. C'est ce que nous voulions symboliser par cette expression. Pour moi, les Français ne sont pas encore assez représentés au pays de l'Oncle Sam...
« Le pays qui fait croire mais ne croit pas en toi », pour vous traduire littéralement ?
T.C. : On nous jette de la poudre aux yeux en nous faisant avaler que la vie est comme on la voit dans les médias, à la télé. La Californie, ce n'est pas « Alerte à Malibu ». Tout est devenu reality-show. Même cette foutue guerre.
Vous avez enregistré à Hollywood ?
T.C. : Oui. À l'Ocean Way Studio. Construit à la fin des années 40. Dean Martin, Frank Sinatra, Elvis Presley... Ils avaient tous enregistré là-bas. C'est une grande pièce en bois, géniale sur le plan acoustique. Bonnes vibrations... Je ne sais même pas si on y est resté longtemps. Je n'ai pas vu le temps passer.
La critique a été jusqu'à parler d'opéra punk. Quelles ont été vos sources d'inspiration ?
T.C. : On a écouté beaucoup de choses et différents types d'opéra rock. Le « Rocky horror picture show », le « Tommy » des Who, « The Wall », de Pink Floyd, « Ziggy Stardust and the spiders from Mars », de Bowie. Mais on a surtout cherché à ne pas leur ressembler.
Paraît que vous comptez adapter votre album au cinéma ?
T.C. : Nous avons déjà une idée assez précise du résultat voulu. Je peux lever une partie du voile : nous ne jouerons pas dedans. Green Day n'est pas l'objet de ce projet.
Comment le groupe s'est formé ?
B.J.A. : hum, au début, ma mère était une prostituée. Une fois elle s'est faite arrêtée pendant la journée. Elle était si moche que les policiers voulaient la toucher uniquement avec des gants en caoutchouc. Personne n'a voulu sans. Maintenant je ne pense pas qu'elle ait la lèpre, mais j'ai des fois trouvé des morceaux de sa peau dans ma soupe
C'est super mais ça ne répond pas a ma question »
T.C. : Est-ce que vous aimez mon nom ? Je veux dire, je pense qu'il est cool et Billie l'aime, mais qu'est ce qu'en pense le reste des gens ?
M.D. : Nous sommes devenus un groupe parce que personne d'autre ne voulait de la confiture avec aucun d'entre nous. Ou jouer avec nous. Ou parler avec nous. Ou nous regarder.
Est ce que c'est à cause de ça que vous (?????) tellement ?
M.D. : Ouais, sûrement
B.J.A. : Je pense que ma mère a formé ce groupe. C'est con.
Depuis combien d'années étiez vous ensemble avant que le groupe devienne populaire ?
B.J.A. : heu, d'abord, je sais pas
Heu, ok. Bien. Quel était votre premier album ?
B.J.A. : J'ai oublié
Attendez. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Qu'est-ce que vous dites ? On est cool, ok ? Je veux dire mon nom est Tre cool. C'est un nom cool, ok ?
M.D. : Ouais on l'a su. On l'a toujours su. A part Tre. Il est pas intelligent.
Je parie qu'il ne sait pas comment se lever tout seul
B.J.A. : Laissez le tranquille...Il a arrêté de pisser sur son pantalon. Il s'améliore. Hey, vous avez du temps pour écouter ce que je dis ?
Non
B.J.A. : Vous êtes sur ?
Je préfère découper mes yeux
B.J.A. : Ma mère avait du temps pour m'écouter.
T.C. : C'est con !
B.J.A. : Oh, qu'est-ce que t'as dis sur ma mère ?
Qu'elle est conne
B.J.A. : Oh, oui c'est vrai. Cool.
T.C. : Quoi ? Vous m'avez dit quelque chose ?
Pour ma dernière question, quand est-ce que vous allez vous la fermer et dégager ?
B.J.A. : Heu, d'abord, je sais pas
M.D. : je suppose quand les gens arrêterons d'acheter nos albums.
Je n'ai jamais acheté un de vos albums
B.J.A. : Pourquoi pas ?
Parce que vous êtes cons.
B.J.A. : Oh, ouais, vous pensez bien.
Bien, merci pour avoir gaspillé mon temps. J'espère que vous êtes tous contents !